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forum Index du forum forum Nos romans sur l' Egypte forumAlaa el Aswany : L'Immeuble Yacoubian - Chicago

Auteur : Sujet: Alaa el Aswany : L'Immeuble Yacoubian - Chicago  Bas
 Selkis-C@t
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 Selkis-C@t
  Posté le 29/12/2006 20:10:49
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sphinx : Posté le 22/05/2007 10:16:47 (
L'Immeuble Yacoubian,

véritable phénomène : un livre, un film, L'auteur est un vrai Egyptien, enraciné dans la terre noire du Nil, de la même veine que Naguib Mahfouz. Il pose lui aussi un regard tendre, affectueux, de compréhension, sur ses cairotes… qui se débattent tous, riches et pauvres, bons et méchants, dans le même piège.

--Message edité par selkis-C@t le 2008-02-06 09:29:48--

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 Neffy
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 Neffy
  Posté le 22/03/2007 10:33:52
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 http://www.cathjack.ch/images/collec2smiley/vache1.gif Sorry, je vais à contresens, mais celui-là je ne l'ai pas aimé. Je le relirai peut-être un de ces jours quand je serai dans un autre état d'esprit.   http://www.cathjack.ch/images/collec2smiley/vache1.gif

Neffy
 donia
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 donia
  Posté le 07/05/2007 12:07:04
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dans NotreTemps
«Je veux donner de la voix à l'Egypte»  

http://www.letemps.ch/custom/imagesarticle/Edition2862/Rubrique10/ArticleId206669/6269_2.jpg


PORTRAIT. «L'Immeuble Yacoubian», roman de Alaa al-Aswany, connaît un succès mondial. A la veille d'une tournée en Suisse alémanique pour la parution du roman en allemand, rencontre avec l'auteur chez lui, au Caire.  
 
 
Par Albertine Bourget, de retour du Caire
Lundi 7 mai 2007  
 
Le lendemain, il devait s'envoler pour l'Italie et y recevoir un prix. Qu'importe. Malgré l'heure tardive, près de minuit, c'est avec le sourire, cigarettes et canette de soda à portée de main, qu'Alaa al-Aswany accueille ses visiteurs dans son cabinet de Garden City, quartier résidentiel du Caire. Le chauffeur de taxi a longuement erré, mais à l'épicerie du coin, tous le connaissent: «Aswany? Bien sûr, le docteur!» s'exclament-ils avant d'indiquer la bonne direction.

Car s'il est l'auteur du best-seller L'Immeuble Yacoubian, portrait à la fois acéré et profondément humain d'une Egypte en perdition (LT du 6/05/06), Alaa al-Aswany est également dentiste. «Pour la première fois», il pourrait ne plus exercer: L'Immeuble Yacoubian a été traduit en 17 langues, et Chicago, paru en janvier et dont la traduction française est prévue pour octobre prochain chez Actes Sud, prend le même chemin. Mais il n'abandonnera pas son travail: «J'ai besoin de ce contact avec les gens. La majorité de mes patients sont devenus des amis. Récemment, j'ai reçu une patiente dont les soins ne nécessitaient que quelques minutes, je lui ai donné une heure: je savais qu'elle avait des problèmes et qu'elle avait besoin d'en parler.» S'il rechigne à analyser le succès de son livre - «un romancier n'en a pas le droit», glisse-t-il, les yeux pétillants -, il réfute l'étiquette de roman arabe. «Ce qui m'intéresse, c'est la langue humaine. La bonne littérature donne à voir les gens comme des êtres humains et non en tant que juifs, Russes, Suisses ou chrétiens.»

Né en 1957 dans le même quartier de Garden City, Alaa al-Aswany a grandi dans une atmosphère privilégiée et fait ses études au lycée français avant de partir étudier à Chicago. Son père, romancier, avait pour ami Naguib Mahfouz. «En 1982, je devais choisir entre aller en Occident ou écrire, ce qui a toujours été mon rêve. Je me suis rendu à Alexandrie pour en parler avec Naguib Mahfouz. A l'époque, j'étais très émotif. Il m'a dit que je ne devais pas attendre trop de choses de l'écriture, que je devais écrire et que le bonheur, ce serait d'écrire. Ces quelques heures passées avec lui ont changé ma vie.»

Alaa al-Aswany a longtemps écrit des nouvelles et désespérait que son talent soit reconnu. Il envisageait l'exil quand un éditeur égyptien courageux a accepté de publier le roman, en 2002. «Les éditeurs avaient peur. Finalement, l'un d'eux, engagé, un activiste démocrate, s'est lancé. Après cinq semaines, il m'appelle pour me dire qu'il ne comprenait pas ce qui se passait, que 25000 exemplaires avaient déjà été écoulés.» Il sourit de ce bon tour joué au gouvernement, régime qu'il dénonce régulièrement dans les journaux d'opposition.

«L'Egypte est malade de sa dictature. Le fanatisme, la corruption, ce sont des symptômes», assène-t-il. Parce qu'il a reçu une éducation «exceptionnelle», il estime qu'il a «une dette, un prix à payer». «J'aime ce pays, je veux y vivre et faire quelque chose pour lui.» Ses livres, dit-il, lui permettent de donner de la voix à «la grande Egypte de l'ombre, l'honneur de parler au nom de ces millions de gens qui n'ont pas d'argent, qui vivent dans des quartiers sans eau et sans électricité».

L'année dernière, lors de la première du film adapté de L'Immeuble Yacoubian, par Marwan Hamed, que des députés ont tenté en vain de censurer, Alaa al-Aswany n'a pas été invité. Re-sourire. «J'en ai été très fier; regardez, je n'ai que ma tête et cet ordinateur pour lutter.» La peur? «Je la contrôle. Et puis, j'ai honte, quand je vois mes camarades journalistes emprisonnés et battus. Je ne sais pas pourquoi le gouvernement me laisse tranquille.» Il part et sort de sa poche une minuscule boîte à musique. Les notes de «La Vie en rose» retentissent. «Une lectrice qui l'avait reçue de son père me l'a donnée. J'en suis resté paralysé. Voilà la récompense de l'écriture.»

Lecture et discussion avec l'auteur lundi 7 mai, Zurich, Literaturhaus, 20h30; 8 mai, Berne, librairie Stauffacher, 20h; 11 mai, lecture dans le cadre du Festival de littérature de Bâle, Hôtel Merian, 20h (rens http://www.lenos.ch).


Alaa al-Aswany à Lyon le 30 mai lors des premières Assises internationales du roman.

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 vidalou
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  Posté le 07/05/2007 17:59:53
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ça m'étonne quand même qu'il ne sache pas pourquoi le gouvernement le laisse tranquille ?... pourquoi lui et pas les autres ? encore un mystère de l'Egypte.

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 donia
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  Posté le 23/06/2007 08:42:10
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une prochaine adaptation pour la télé devrait voir le jour au Caire !

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 Selkis-C@t
  Posté le 02/10/2007 21:40:23
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CHICAGO vient de sortir (aujourd'hui)

Résumé du livre

Même vue de loin, des couloirs d'une université - d'une société - américaine amie-ennemie toute en contrastes, l'Egypte est au coeur de 'Chicago'. Ses personnages, pris dans les contradictions de leur sentiment d'appartenance à un pays qui les exalte autant qu'il les déçoit. Ils étudient, ils enseignent, ils espionnent ceux qui étudient et enseignent. L'Amérique dans laquelle ils vivent n'est pas un simple décor. C'est l'Amérique sûre d'elle-même, de sa supériorité, des valeurs qu'elle représente, brutale parfois, mais aussi l'Amérique ouverte, aimable, un peu naïve et qui donne sa chance à tous. L'Amérique ennemie des causes arabes et par conséquent, même au fond du coeur de ceux qui la servent et s'appuient sur elle, ennemie de l'Egypte.

La critique [evene]-  par Thomas Flamerion

Dans l’Amérique de l’après-11 Septembre, dans le microcosme composite d’un campus universitaire, Alaa El Aswany plante une histoire d’une densité extraordinaire et aux implications sans frontières. Dès l’attaque, son récit de l’incendie de Chicago prend des airs de métaphore du jugement divin. La messe est dite. La question religieuse, les débats politiques et les tumultes de l’amour seront les djinns qui hantent les couloirs du campus américain. Alaa El Aswany surprend en ancrant son roman dans le chancre du capitalisme, mais le résultat est à la hauteur du voyage. L’humanisme est le même que celui de ‘L’Immeuble Yacoubian’, la maîtrise des personnages est tout aussi magistrale, et leur épaisseur saisissante.
La distance dans l’écriture est identique, garante d’une diversité qui ne se dément pas et offre un panel aussi original que riche de cette microsociété où s’incarnent nombre des grandes questions politiques et religieuses contemporaines. L’Egypte et ses contradictions n’est que plus vivante dans l’écrin de cette université de Chicago, où les passions et les pulsions se révèlent. Et la confrontation indirecte des us et coutumes des deux nations humanise et comble largement des fossés convenus.
Non, Alaa El Aswany ne déçoit pas. Dans la structure de son talent il élève une Babel idéologique et culturelle, dans laquelle intolérance et préjugés s’effacent au profit d’une profonde empathie. Il y a dans ‘Chicago’ l’éclat et la profondeur des grands romans, de ceux qui composent une oeuvre et l’inscrivent dans l’histoire de la littérature.

Editeur : Actes Sud
Publication :2/10/2007

--Message edité par selkis-C@t le 2007-10-02 21:41:05--

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  Posté le 06/10/2007 20:58:11
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Ce roman est largement autobiographique, l'auteur ayant fait à Chicago  ses études de médecine dentaire (El Aswany a d'ailleurs toujours son cabinet à Garden City au Caire).

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 isis marie
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 isis marie
  Posté le 11/10/2007 19:53:35
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Deux articles sur le site du Monde :

"Chicago" : une "Little Egypt" en plein tourment
LE MONDE DES LIVRES | 11.10.07 | 18h43

En général, dans un roman arabe, tous les personnages de premier plan sont arabes. Alaa El Aswany déroge à la règle puisque son histoire se déroule à Chicago. On y découvre que tous les compatriotes de George Bush ne sont pas d'affreux racistes. Une Américaine juive, Wendy, est même capable d'aimer sincèrement un musulman... Mais les personnages les plus intéressants de Chicago sont les Egyptiens expatriés qui forment cette "Little Egypt" de l'Illinois.

Le professeur Raafat Sabet a renié sa culture et ne pense plus qu'en anglais. Le chirurgien copte Karam Doss, blessé à jamais par la discrimination religieuse dont il a été victime en Egypte, reste patriote et ne peut opérer qu'en écoutant des chansons d'Oum Kalsoum. Quant au docteur Mohamed Saleh, il est rattrapé par un passé qui le ronge : il se considère comme un fuyard, sinon un traître. "Comment appelles-tu celui qui abandonne son pays dans l'épreuve et qui se met au service de ses ennemis ?" lui demandait son ex-fiancée.

Les étudiants égyptiens de cette faculté de biologie vivent en suspects dans une Amérique traumatisée par le terrorisme. Chaïma, originaire de la ville de Tanta, est arrivée voilée à Chicago, "sans préparation ni préambule, comme quelqu'un qui se jette à la mer tout habillé et qui ne sait pas nager". Elle est stupéfaite par ces Américains "qui forniquent, pratiquent l'homosexualité sous toutes ses formes, jouent pour de l'argent et boivent de l'alcool", mais plus encore par la découverte de sa propre sexualité.

Alaa El Aswany attaque de front un tabou, en bon connaisseur de la société égyptienne. La sexualité obsède ses personnages. Mais à mesure que le roman avance, des scènes complaisantes se multiplient et affaiblissent son propos. On n'attendait pas de lui qu'il s'appesantisse sur l'usage du vibromasseur par des Américaines ou sur des publicités télévisées pour soutiens-gorge et petites culottes.

L'originalité de Chicago est dans le point de vue adopté : peindre l'Egypte d'aujourd'hui par le biais de l'Amérique. Même à distance, la religion étend son emprise, et l'appareil d'Etat inspire de la terreur. Pour dénoncer cette ignominie qu'est la pratique de la torture, Alaa El Aswany force le trait : dans son roman, l'ambassade d'Egypte à Washington est réduite à une annexe des services de sécurité...

Sous la plume d'un bon romancier, qui sait ménager les suspenses, on a droit à une fresque cruelle, assez désespérante, mais qui ne manque pas de tendresse. Si Chicago n'a pas le charme de L'Immeuble Yacoubian, on y retrouve la griffe d'un auteur qui s'est imposé comme l'un des meilleurs écrivains égyptiens de sa génération.

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Alaa El Aswany : "Quand j'écris, je n'ai plus peur de rien"
LE MONDE DES LIVRES | 11.10.07 | 18h43  •  

Repérer, percer et vider les abcès de ses concitoyens, c'est la spécialité du docteur Alaa El Aswany. Ce solide quinquagénaire - 50 ans tout rond - l'exerce de deux manières : comme chirurgien-dentiste et comme écrivain.

Sa journée commence très tôt, au Caire, sur un clavier d'ordinateur, pour se poursuivre dans son cabinet, à partir de 10 h 30, avec fraise, roulette et pinces en tout genre. L'énorme succès de L'Immeuble Yacoubian (Actes Sud, 2006), dans le monde arabe comme en Europe, l'a incité à écrire un nouveau roman. Mais, cette fois, pour ausculter les Egyptiens, le docteur El Aswany s'est rendu... à Chicago, la ville d'Amérique où il avait décroché naguère un diplôme d'odontologie. Ses personnages sont pour la plupart des expatriés, complétant leurs études dans la capitale de l'Illinois ou s'y étant établis définitivement.



Rien n'est plus étranger aux Egyptiens que l'émigration. Sédentaires dans l'âme, ils sont soudés à la vallée du Nil depuis des millénaires. Ce n'est qu'à partir des années 1970, pour des raisons économiques principalement, qu'un certain nombre d'entre eux ont été amenés à vivre à l'étranger. Alaa El Aswany lui-même a failli s'établir en Nouvelle-Zélande, avec femme et enfants, avant que le succès inattendu de L'Immeuble Yacoubian ne transforme son existence.

"J'étais désespéré, dit-il, de ne pouvoir réaliser mon rêve de toujours : être écrivain." Dix ans d'impasses et de souffrance, dues à son incapacité à faire vivre des personnages de façon satisfaisante. Le dentiste sait désormais comment procéder : les étudier sous toutes les coutures avant d'écrire la première ligne. "J'établis un fichier sur chacun d'eux, explique-t-il. Je finis par connaître la couleur de leurs cheveux, leurs grimaces quand ils sont en colère, la marque de leurs cigarettes... Ce sont alors des personnages vivants, qui vont prendre leur envol et m'échapper. Dans l'un des derniers chapitres de Chicago, j'ignorais comment le docteur Saleh allait se comporter. J'ai été très triste de sa réaction, à laquelle je ne m'attendais pas..."

Grâce à La Bruyère, découvert à l'âge de 12 ans, Alaa El Aswany a appris à "dessiner un personnage avec des mots". Il a fait la plus grande partie de ses études à l'ex-lycée français de Bab El-Louq, au Caire. Cet établissement en décadence, nationalisé après la désastreuse équipée de Suez en 1956, avait encore quelques beaux restes : de jeunes coopérants français suppléaient tant bien que mal les grands professeurs d'antan.

L'écriture d'Alaa El Aswany est autant marquée par son éducation francophone que par sa formation scientifique. C'est vif, nerveux, sans les digressions stylistiques de tant d'auteurs arabes, emportés par leur verbe. Il faut dire aussi que l'auteur de L'Immeuble Yacoubian et de Chicago a été servi par un traducteur hors pair : Gilles Gauthier, ancien consul de France à Alexandrie, devenu ambassadeur au Yémen, et lui-même écrivain.

"La littérature a toujours été mon seul et unique rêve", affirme le chirurgien-dentiste. Son père, homme de lettres et avocat, l'avait mis en garde : "Jamais tu ne pourras vivre de ta plume. Fais de la littérature ta préoccupation première, mais trouve-toi un travail." Il l'a trouvé, tout en ne pensant qu'à écrire. Lors de son séjour à Chicago en 1985-1986, il engrangeait des images, persuadé de les utiliser un jour dans un roman. Mais, entre-temps, il y a eu les désillusions palestiniennes, le 11-Septembre, la guerre en Irak... Les relations américano-arabes se sont dégradées, parallèlement à la montée du radicalisme religieux.

La religion est omniprésente parmi les étudiants égyptiens de Chicago, comme sur les bords du Nil. Comment se fait-il que l'Egypte ait basculé dans ce climat étouffant et aliénant ? Pourquoi "les idées réactionnaires" s'y développent-elles "comme une épidémie" ? Alaa El Aswany répond par la bouche d'un personnage de son roman : "La répression, la misère, l'absence de tout objectif national... Les Egyptiens ont perdu tout espoir en la justice sur cette terre et ils l'attendent de l'au-delà. Ce qui se répand maintenant en Egypte, ce n'est pas de la religiosité réelle, mais une dépression nerveuse collective, accompagnée d'exhibitionnisme religieux."

Dans Chicago, on trouve tout ce qui peut choquer un musulman rigoriste, à commencer par la sexualité féminine. Le roman a été publié en feuilleton dans le quotidien Al- Doustour. Dès le premier épisode, les protestations ont fusé. "Si la jeune fille voilée a une relation sexuelle hors mariage, prends garde à toi !" menaçait régulièrement un lecteur... Alaa El Aswany est passé outre, quitte à répondre à une pleine page de courrier dans ce journal. "Quand j'écris, affirme-t-il, je n'ai plus peur de rien. L'écriture et la peur sont contradictoires. On ne peut pas écrire et calculer."

A vrai dire, ce ne sont pas tant les islamistes qui sont malmenés dans Chicago que les dirigeants politiques égyptiens et tout l'appareil d'Etat. Alaa El Aswany est sans pitié pour le pouvoir. Le sinistre Safouat Chaker, ancien tortionnaire, qui incarne la violence et la corruption, affirme : "Il n'y a que trois choses au monde qui préoccupent un Egyptien : sa religion, son gagne-pain et ses enfants, mais la plus importante, c'est la religion. La seule chose qui peut pousser les Egyptiens à se révolter, c'est que quelqu'un attaque leur religion." Et son homme de main, Ahmed Danana, président de l'Union des étudiants égyptiens en Amérique, souligne tout aussi froidement "l'obligation pour les musulmans d'obéir à leurs dirigeants, même s'ils les oppriment, aussi longtemps qu'ils attestent qu'il n'y a de Dieu que Dieu et que Mohamed est son Prophète".

Alaa El Aswany, militant d'opposition, membre du mouvement Kefaya ("Ça suffit !"), se défend de mélanger la littérature et l'action politique. Mais où passe la frontière ? Et comment démêler ses propres réactions de celles de ses personnages ? "En tant que médecin, affirme-t-il, je sais qu'il ne faut pas soigner les complications, mais la maladie. La maladie du monde arabe, c'est la dictature. Intégrisme et corruption n'en sont que des complications." L'un des personnages de Chicago le dit de manière plus directe : "L'extrémisme religieux est le résultat direct de la répression politique."

Un postulat qui mérite sans doute d'être nuancé. En tout cas, pour Alaa El Aswany, rien ne justifie l'absence de démocratie. Qu'on ne lui dise pas que des analphabètes sont incapables d'exercer leur rôle de citoyen : "L'analphabétisme n'est pas en contradiction avec la pratique de la démocratie. Les hommes n'ont pas besoin d'un diplôme universitaire pour savoir que leurs dirigeants sont corrompus et tyranniques."

Dictature ou pas, Alaa El Aswany s'exprime librement en Egypte, dans ses romans comme dans ses articles. Il a été aidé par le succès de L'Immeuble Yacoubian, et le film qu'en a tiré Marwan Hamed avec le concours de quelques-uns des plus grands acteurs égyptiens. Si le climat politique actuel le révolte - le rédacteur en chef d'Al-Doustour vient d'être condamné à un an de prison pour avoir publié "de fausses informations" -, l'avenir ne l'inquiète pas. "Un jour, dit-il, les dictatures arabes disparaîtront, mais les bons romans resteront."

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--Message edité par isis marie le 2007-10-11 19:57:31--

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 isis marie
  Posté le 15/10/2007 19:46:43
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Que des articles élogieux !!! Encore un sur "La tribune de Genève" :

Alaa el Aswany installe l’Egypte à «Chicago»

L’auteur de «L’Immeuble Yacoubian» a réussi son roman «américain»

http://www.tdg.ch/var/plain/storage/images/7910194-1/79101941_resize_crop320par220.jpg

Nous sommes au second étage de la Société de lecture, mais nous pourrions aussi bien nous trouver à Alexandrie. Les sièges Louis-Philippe portent les membres des Amitiés Suisse-Egypte. Tous attendent l’arrivée d’Alaa el Aswany. Vous savez, l’homme qui a écrit L’Immeuble Yacoubian. Cent soixante mille exemplaires vendus en 2006 par Actes Sud.

L’homme, qui donnera ensuite une vraie conférence à la Société de Lecture, a du retard. Une manifestation en ville. Voilà qui laisse le temps d’une présentation. Alaa a 50 ans. Son père était écrivain. Lui-même poursuit une carrière de dentiste au Caire après avoir fait son «master» à Chicago. Ses premiers ouvrages ont selon lui reçu «des critiques merveilleuses». L’ennui, c’est que, tirés à 1000 copies, ils demeuraient introuvables.

Un français parfait

Est alors venu l’«Immeuble». Un succès phénoménal, suivi par le film. Un long-métrage dont l’auteur n’a pas été invité à la première. L’«imprévisible» Alaa s’attaque trop aux autorités de son pays. Il montre ce qu’on préférait jusqu’ici taire. Les personnages sont terroriste, homosexuel, royaliste, alcoolique et on en passe…

Mais voilà que l’auteur arrive. Noiraud, corpulent, il a le sourire et la poignée de mains faciles. On se met d’accord sur la langue du débat, le français. Une langue que le romancier maîtrise parfaitement, comme l’anglais et semble-t-il l’espagnol. N’a-t-il pas été écrivain en résidence dans le canton de Vaud en 2003?

Si l’homme saute ainsi d’une causerie à la suivante, c’est pour lancer «Chicago». Un autre récit unanimiste, où les personnages partagent un campus. Boursiers égyptiens, professeurs américains, ils vont entrecroiser leurs vies. En se frottant douloureusement à l’Amérique, ils devront réviser leurs idées sur les Juifs ou les Coptes. «J’ai ici choisi de raconter des histoires d’émigrations difficiles ou ratées, mais ce n’est pas une fatalité.»

Chicago se lit, au propre, comme un roman. «L’essentiel, pour moi, c’est de créer des personnages.» Pour ce faire, notre interlocuteur constitue un dossier sur chacun d’eux. Et puis, quand ces êtres de fiction se sont mis à exister dans un lieu précis, Alaa passe à la rédaction. «Tout m’échappe alors. Ils vivent leur vie.»

Ecrire contre la peur


L’homme de plume se découvre du coup des audaces. Si on lui demande comment il ose attaquer un gouvernement corrompu et violent, il répond qu’il écrit «contre la peur». «Je ne rédige pas des prospectus touristiques pour l’Egypte. J’utilise ma connaissance du pays pour raconter une histoire mettant en scène de vraies gens. Publier un livre consensuel ne présente aucun intérêt.»

Lutter contre l’intolérance


Les Egyptiens suivent ce champion de la démocratie. Sorti en janvier, Chicago en arrive à sa neuvième édition arabe, «alors qu’il s’agit d’un ouvrage cher, dont les exemplaires passent de main en main». Cette fiction a même pu se voir publié en feuilleton dans un journal populaire. Sans tollé. Notre ami veut croire que son pays reste celui de la tolérance, même si le courant intégriste venu d’Arabie saoudite fait bien des victimes. «Nous devons gagner le combat entre une ouverture millénaire et cette pensée mortifère qui doi nous rester étrangère.»

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 vidalou
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 vidalou
  Posté le 17/10/2007 09:24:18
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Je suis en train de le lire et je suis à chaque page partagée entre l'agacement et l'intérêt, d'abord parceque ce n'est pas très bon comme style (ou traduction je ne sais pas) ensuite parcequ'el Aswany en fait un fourre tout de mille clichés sur l'Egypte et l'Amérique , mais en même temps il est très intéressant de pénétrer la mentalité égyptienne et en cela ce roman est presque un ouvrage ethnologique.

On est loin du charme et de la subtilité des livres d'un Maguib Mahfouz (référence incontournable) , mais c'est une peinture intéressante de la société actuelle vue par un Egyptien qu'el Aswany nous propose. Je suis tout de même réservée sur les "éloges" ... je crois que le succès vient du fait qu'un auteur arabe ose dire ce qu'il pense et que ce soit publié plus que sur sa valeur littéraire.

Mais voici ce qu'il dit de son travail :

«Ce qui m'intéresse, explique-t-il, c'est la langue humaine. La littérature digne de ce nom donne à voir les gens comme des êtres humains, et pas comme des juifs ou des Arabes, des Russes ou des Français. Au-delà de nos différences, nous partageons tous les mêmes émotions, et c'est cela qui nourrit mon écriture.»

--Message edité par vidalou le 2007-10-19 10:15:48--

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 isis marie
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 isis marie
  Posté le 30/10/2007 17:20:50
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Al-Ahram hebdo du 31 octobre, en page Idées, on parle du dernier livre d'Al-Aswani :

-Le Caire-Chicago, aller simple ?

 Livres. Quelques années après le succès mondial de L’Immeuble Yacoubian, Alaa Al-Aswani présente son dernier roman, Chicago, qui vient d’être traduit en français par Gilles Gauthier (Actes Sud, 2007).

Cliquez sur le titre pour lire l'article entier

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 donia
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  Posté le 03/12/2007 11:22:11
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pour ceux qui seront au Caire la semaine prochaine

Bonjour à tous !

Nous sommes très heureux de vous annoncer la venue
d’Alaa El Aswany dans notre librairie de Mohandessine
le mardi 11 décembre à 18h30 pour une séance de dédicace.

Nous vous convions à nous rejoindre pour rencontrer cet auteur hors du commun qui échangera avec vous sur son œuvre, et plus particulièrement sur son dernier roman, "Chicago".

Pour marquer cette soirée vraiment exceptionnelle, nous vous ferons bénéficier d’une remise de 5% sur l’ensemble de la librairie !

Notre librairie de Mohandessine se situe au rez-de-chaussée du 20, rue El Sawra.

En espérant vous accueillir très bientôt,

L’équipe des Librairies Renaissance.

Librairie de Mohandessine
20, rue El Sawra
Tel : 3761 58 35

Librairie de Maadi
4, rue 209 Digla
Tel : 2519 96 84

Librairie d'Heliopolis
42, rue Asmaa Fahmi Ard El Golf
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 isis marie
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 isis marie
  Posté le 05/02/2009 18:15:29
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Un nouveau livre pour El Aswany pas si nouveau que ça...

http://www.lemonde.fr/livres/article/2009/02/05/j-aurais-voulu-etre-egyptien-d-alaa-el-aswany_1150921_3260.html

Les Egyptiens ? "Des insectes venimeux." Ce qui les caractérise ? "La lâcheté, l'hypocrisie, la méchanceté, la servilité, la paresse, la malveillance." L'histoire du pays, elle, "n'est qu'une succession ininterrompue de défaites". Et, pour que les choses soient tout à fait claires : "Je déteste les Egyptiens et je déteste l'Egypte de tout mon coeur. Je leur souhaite toute la déchéance et tout le malheur possible."

Voilà le manuscrit qu'Alaa El Aswany souhaitait faire publier par l'Office du livre, au Caire, au début des années 1990. L'employé de la commission de lecture, qui n'avait peut-être jamais lu un roman de sa vie, tomba de sa chaise : "Nous ne pouvons pas publier un ouvrage qui insulte l'Egypte." Aswany dut alors lui expliquer que, dans une oeuvre de fiction, les propos d'un narrateur ne traduisent pas forcément les opinions de l'auteur. Son personnage principal, Issam Abd El Ati, était un jeune homme cultivé et désespéré, qui souffrait de la corruption, de l'hypocrisie et de l'arbitraire, et l'exprimait à sa manière.

"RÉDIGEZ UN DÉSAVEU"

Le fonctionnaire finit par dire : "Nous pouvons publier ce livre si vous rédigez un désaveu dans lequel vous condamnez les opinions de votre héros au sujet de l'Egypte et des Egyptiens." Quelques semaines plus tard, ayant consulté ses supérieurs, il rectifia : "Nous pouvons publier ce livre à condition que vous supprimiez les deux premiers chapitres." Dégoûté, Alaa El Aswany fit lui-même imprimer Les Feuillets d'Abd El Ati à quelques centaines d'exemplaires.

Des années plus tard, après l'immense succès obtenu par L'Immeuble Yacoubian (Actes Sud, 2006), de nombreuses maisons d'édition étaient prêtes à publier n'importe quel texte portant sa signature. Aswany leur proposa Les Feuillets d'Abd El Ati. Un grand éditeur lui avoua avec gêne : "Le roman m'a plu, mais franchement je ne peux pas assumer les conséquences de sa publication. Les idées qui s'y trouvent pourraient me mener en prison." Finalement, l'Université américaine du Caire le publia en 2004, avec une préface explicative. Et le voici chez Actes Sud, après être passé entre les mains de Gilles Gauthier, traducteur habituel d'Aswany, qui occupe par ailleurs le poste d'ambassadeur de France au Yémen...

Au roman refusé par l'Office du livre - en réalité, une longue nouvelle - s'ajoutent neuf autres histoires plus courtes. On y trouve, ébauchés, des situations et des personnages qu'Alaa El Aswany allait développer par la suite dans L'Immeuble Yacoubian et Chicago (Actes Sud, 2007 et "Babel" n°941).

Jusqu'à ces dernières années, les lecteurs égyptiens n'avaient guère l'habitude de voir leur société critiquée de la sorte : leurs maux étaient attribués à l'étranger ou formulés de manière beaucoup plus contournée. Dans la nouvelle principale, les propos excessifs du narrateur et son comportement bizarre le rendent très antipathique. Et quand on commence à le trouver plus humain, ce sont les autres personnages qui deviennent détestables. Issam découvre qu'il est fasciné par l'Occident. Plus rien d'autre ne trouve grâce à ses yeux. Comment ne tomberait-il pas amoureux d'une Allemande blonde comme les blés, qui semble s'offrir à lui ?

Le docteur Alaa El Aswany, dentiste de son état, a visiblement gardé quelques mauvais souvenirs de ses études de médecine. Les deux grands pontes qu'il caricature dans une autre nouvelle sont de parfaites crapules. Si le professeur Bassiouni piétine ses assistants et les traite de porcs, le professeur Mansour, lui, s'ingénie à décourager tous les étudiants dont il dirige la thèse.

Mêlant le dialecte à l'arabe littéraire, Alaa El Aswany n'est pas un styliste. C'est direct, rapide, efficace. Une précision de... dentiste.

Ici, l'intégrisme n'est pas abordé de front, mais à travers des formules pieuses qui parsèment certaines nouvelles, où de faux dévots se ridiculisent allégrement. Comme cet expatrié en Arabie saoudite, qui adresse à sa soeur une lettre dégoulinante de bondieuseries pour lui signifier qu'il n'a aucune intention de financer le séjour de leur mère dans une clinique privée, puisque les hôpitaux publics, grâce à Dieu, sont d'une excellente tenue.

Si elles n'ont pas la force de ses romans, ces nouvelles d'Aswany nous plongent dans une Egypte tourmentée et cocasse, inconnue des touristes. On traverse des salles de classe et des cours de récréation, on pénètre dans les maisons. Celle du hadj Ahmed, par exemple, un soir de ramadan. Ce gourmet attendait avec impatience que le canon tonne, annonçant la rupture quotidienne du jeûne. "Il releva les manches de sa galabieh, invoqua Dieu puis commença par boire un verre de jus de citron chaud pour se nettoyer le système digestif et s'ouvrir l'estomac, de façon à ce que cet organe ne soit pas surpris sans préparatif."

Mais voilà que son père meurt subitement. Remue-ménage dans la maison, premières visites de condoléances. Tout le programme culinaire du hadj est bouleversé. Réussira-t-il à se sustenter avant la reprise du jeûne ? L'heure tourne dangereusement. Plus que cinq minutes...

J'AURAIS VOULU ÊTRE ÉGYPTIEN d'Alaa El Aswany. Traduit de l'arabe (Egypte) par Gilles Gauthier. Actes Sud, 202 p., 19,50 €.

Robert Solé


--Message edité par isis marie le 2009-02-05 18:17:06--

http://img.photobucket.com/albums/v131/isismarie/signatures/tiffany.gif  le forum des 4 déesses
 vidalou
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 vidalou
  Posté le 08/02/2009 15:29:49
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Le 08-02-2009 par Arnaud Saint Jean

L’auteur de "L’immeuble Yacoubian" et de "Chicago" publie enfin ce qui fut son premier roman, écrit il y a plus de dix ans. Alif l’a rencontré, à l’occasion de la sortie de la traduction française.J’aurais voulu être égyptien"



-  célèbre phrase de Moustafa Kamel, qu’un des personnages d’Alaa El Aswani s’amuse à moquer – vient de paraître en français. Dans ce recueil, l’auteur compile son tout premier roman ("Celui qui s’est approché et qui a vu") et un ensemble de nouvelles.  Longtemps interdit de publication par l’Office du Livre pour insulte à l’Egypte, l’ouvrage rassemble tous les ingrédients qui ont fait le succès de l'écrivain dentiste : au travers de portraits d’Egyptiens de la rue, une critique cinglante des dérives d’une société soumise à la dictature et à ses démons.

En introduction de "J'aurais aimé être Egyptien", vous prenez le temps d'expliquer que le roman est comme le cinéma : une certaine image, mais pas la réalité. Et que c'est cette confusion, notamment de la part des censeurs, qui a longtemps empêché la parution de cet ouvrage, dans lequel votre personnage critique très violemment l'Egypte ?

Je crois que si mon personnage est si dur envers l'Egypte, c'est parce qu'il l'aimait vraiment, mais qu'il a été déçu. S'il n'aimait pas son pays, il serait indifférent. Les gens ont cru que c'était un moyen pour moi d'exprimer indirectement mes opinions, mais ce n'est pas le cas. Il existe un point commun entre l'écrivain et l'acteur : à un moment donné, on est presque "possédé" par son personnage. C'est aussi pour ça que j'ai utilisé la première personne, qui forcément accentue le malentendu.

Dans un roman, l’action est plus intéressante que le sujet ou le contexte seuls. Dans "J'aurais aimé être Egyptien", c’est la réaction du personnage, face  aux particularités égyptiennes qui m’intéressait : offrir un exemple parfait des conséquences qu’une dictature peut avoir sur une personne intelligente, douée, mais peut-être trop sensible. Dans un autre contexte – une démocratie par exemple – cette personne aurait eu une autre vie.

Au grès de ses déceptions et de sa perte de repères dans la société égyptienne, le héros de votre roman se marginalise progressivement, jusqu’à perdre la raison. La folie est-elle un risque inhérent à la dictature ?

La folie n'est qu'une vision différente et la ligne de démarcation entre le fou et le génie peut-être extrêmement fine. D’ailleurs, pour mon personnage, on n'est jamais sur. Mais oui, le risque est plus grand dans un pays comme l’Egypte : ici, l’intelligence ne trouve pas beaucoup de réponses, aucun encouragement. Je ne pense pas, par exemple, que les Français soient plus intelligents que les Egyptiens, mais ils ont la chance de pouvoir l'utiliser.

Car l’intelligence dérange toujours dans un pays comme l’Egypte ?

L’intelligence dérange la dictature, bien sur. Le simple terme "intellectuel" dérange encore, car il synonyme de savoir, de "savoir trop". Et dans un contexte comme le notre, il n’y a que deux choix : "vous êtes avec nous", ou "vous être contre nous". Si vous êtes avec nous, vous atteindrez les sommets et le confort, mais vous vous perdez votre âme, votre intelligence. Le plus dur est de rester indépendant, mais il faut en payer le prix.

Au moment de publier enfin ce roman, écrit il y a plus de dix, avez-vous eu envie de le retoucher, de l’actualiser peut-être?

Je ne crois pas forcément en l'évolution de l'écrivain dans le temps. C’est sans doute vrai pour les acteurs et dans beaucoup de métiers, où l’expérience compte beaucoup. Mais je connais énormément d'écrivains qui ont écrit leurs chefs d'oeuvre au commencement de leur carrière et qui n'ont jamais fait aussi bien après.

Malgré votre liberté de ton déclarée, existe-t-il des lignes rouges que vous vous imposez ?

Non, si je calcule, je me bloque et je ne peux plus écrire. L’écriture est un moment de vérité et il y a une contradiction naturelle entre l'écriture et la peur. Quand j'écris, je n'ai pas peur.

Et la pression des éditeurs, l’attente des lecteurs ? Cela pèse sur vos choix ?

Je me fous de la quantité et j'essaie de ne pas trop écouter les appels extérieurs. Je veux rester fidèle, malgré cette pression des éditeurs et l’appel du profit, qui existent vraiment. Mais je ne veux pas tout perdre. Alors je reste tranquille, je prends mon te

--Message edité par vidalou le 2009-02-08 15:30:53--

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  Posté le 10/02/2009 17:06:50
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Reem
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  Posté le 13/04/2009 19:26:13
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Un article publie dans le magazine Al-Ahram Al-Arabi numero629comme une anecdote,c'est un entretien avec le concierge reel du fameux immeuble Yacoubian,il s'appelle Ibrahim et il critique Alaa Al-Aswani est son roman qui porte le nom de l'immeuble,il lui reproche le fait d'exhiber les habitants qui sont des gens tres respectueux,et d'"inventer" des choses irreelles!Il voit qu'il devait imaginer ses histoire loin de son immeuble!!!Le pere de Alaa Al-Asawni etait un grand avocat et il possedait un bureau dans le meme immeuble.
Voici,la photo de l'article:
http://img147.imageshack.us/img147/4131/dsc00742q.jpg

Reem
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